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Le projet en bref
Les maîtres d’ouvrage
La démarche d’évaluation des impacts
Électricité renouvelable et garanties d’origine
Les enjeux de sécurité
Les mesures de maîtrise des risques
Le raccordement électrique en bref
Le calendrier

Le projet en bref

Le projet H2V59 consiste à créer une usine de production d’hydrogène vert qui serait implantée sur un terrain situé sur la commune de Loon-Plage, dans la zone industrialo-portuaire du Grand Port Maritime de Dunkerque.

Plan d’implantation du projet H2V59

L’usine H2V59 serait raccordée au réseau de transport d’électricité par la création d’une liaison électrique souterraine de 225 000 volts d’une longueur d’environ 4 kilomètres, jusqu’au au poste électrique de RTE à Grande-Synthe.

Grâce à l’électrolyse de l’eau, l’hydrogène sera produit avec un très faible impact environnemental : sous l’action de l’électricité issue des énergies renouvelables, l’eau sera décomposée en oxygène et en hydrogène. Cette technique explique l’appellation « d’hydrogène vert ».  Celui-ci sera ensuite acheminé vers le réseau de gaz naturel (GRT gaz) par une canalisation pour y être injecté.

L’hydrogène vert est un moyen de stocker l’électricité renouvelable sous forme de gaz dans les réseaux de gaz naturel existants, c’est ce qui est appelé le « power-to-gas ». Cette technologie permet de palier l’intermittence des énergies renouvelables et d’accompagner la transition énergétique. Le projet H2V59 serait ainsi la première usine de la société dédiée au power-to-gas.

Image : le projet en chiffres <br / > 28 000 tonnes d'hydrogène par an <br / >230 à 251 million d'euros investis <br / >70 emplois directs <br / > 100 emplois indirects <br / > Mise en service entre 2022 et 2023

Plus de détails dans la fiche sur le modèle économique.

Pour fabriquer de l’hydrogène par électrolyse il faut principalement de l’eau et de l’électricité. Voici comment :

 

  1. L’usine est approvisionnée en électricité via le poste électrique RTE de Grande-Synthe.
  2. Elle est approvisionnée en eau industrielle par le réseau l ’Eau du Dunkerquois.
  3. L’électrolyse se produit dans une cuve contenant un mélange d’eau et d’hydroxyde de potassium dans laquelle sont plongées des électrodes qui conduisent l’électricité. La réaction se déroule à une température comprise entre 80 et 90°C et sous 30 bars de pression, c’est-à-dire 10 fois la pression mesurée dans un pneumatique de voiture.
  4. Séparation des gaz et purification de l’hydrogène.
  5. L’hydrogène produit et comprimé est ensuite acheminé par une canalisation souterraine vers le réseau GRTgaz situé à environ un kilomètre du site.
Les maîtres d’ouvrage

H2V, leader dans la transition énergétique

H2V se positionne comme un acteur industriel clé de l’atteinte des objectifs de la Loi de transition énergétique pour la croissance verte. L’ambition de la société est de développer une filière industrielle de production d’hydrogène vert. La société H2V est composée de plusieurs entités :

  • H2V Product est la maison-mère de la société ;
  • H2V Industry est en charge de la conception, du développement et de la construction des usines de la société ;
  • H2V59 est le maître d’ouvrage du projet d’usine de production d’hydrogène vert à Loon-Plage, dont elle assurera ensuite l’exploitation.

Des informations complémentaires sont disponibles sur le site : www.h2vindustry.net

RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité en charge du raccordement électrique de l’usine de production d’hydrogène vert.

RTE, Réseau de Transport d’Électricité, est une entreprise de service. Sa mission fondamentale est d’assurer à tous ses clients l’accès à une alimentation électrique économique, sûre et propre. RTE connecte ses clients par une infrastructure adaptée et leur fournit tous les outils et services qui leur permettent d’en tirer parti pour répondre à leurs besoins, dans un souci d’efficacité économique, de respect de l’environnement et de sécurité d’approvisionnement en énergie. À cet effet, RTE exploite, maintient et développe le réseau à haute et très haute tension. Il est le garant du bon fonctionnement et de la sûreté du système électrique. RTE achemine l’électricité entre les fournisseurs d’électricité (français et européens) et les consommateurs, qu’ils soient distributeurs d’électricité ou industriels directement raccordés au réseau de transport.

Des informations complémentaires sont disponibles sur la page consacrée au raccordement.

La démarche d’évaluation des impacts

Si le projet H2V59 se poursuit suite à la concertation préalable, plusieurs études seront produites dans le cadre des processus d’autorisations de l’usine de production d’hydrogène vert et de son raccordement électrique. Notamment, une étude d’impact présentera l’état initial de l’environnement, les effets du projet dans son ensemble sur l’environnement et les mesures associées pour éviter, réduire ou compenser ces impacts.

Cette démarche consiste de manière générale :

  • Premièrement, à trouver des solutions pour éviter l’impact sur l’environnement ;
  • Deuxièmement, quand il n’est pas possible d’éviter l’impact, à prendre des mesures pour réduire les effets du projet sur l’environnement ;
  • Troisièmement, quand il n’est pas possible de réduire les impacts, à les compenser.

Les études détaillées seront présentées au public au moment de l’enquête publique. Au stade de la concertation préalable, H2V et RTE sont en mesure de présenter les résultats des études de faisabilité, qui donnent un aperçu des impacts du projet H2V59 et de son raccordement électrique sur l’environnement au sens large (milieu physique, milieu naturel et milieu humain).

Plus de détails dans la fiche sur l’environnement et la fiche sur l’eau.

Électricité renouvelable et garanties d’origine

L’électricité peut être produite à partir de sources renouvelables (éolien, hydraulique, solaire, biomasse…) et ainsi avoir une origine « verte ». Mais une fois injectée dans le réseau électrique et lors de la consommation d’électricité dans l’usine H2V59, il n’est plus possible de distinguer cette production renouvelable de celles provenant d’un mode de production dit classique (à partir de combustible fossile ou par fission nucléaire).  Il est toutefois possible de certifier si une production d’électricité provient d’une énergie renouvelable. H2V s’engage à acheter de l’électricité d’origine renouvelable, grâce au système des « garanties d’origine » et s’assure que pour chaque MWh consommé, 1 MWh renouvelable a été injecté sur le réseau électrique.

Ainsi c’est par la réglementation, tant au niveau européen et français que s’est définie la traçabilité de l’électricité renouvelable, où qu’elle soit produite en Europe.

Une garantie d’origine a une durée de vie de 12 mois après la production de l’électricité correspondante, c’est-à-dire qu’elle peut être spécifiquement achetée dans les 12 mois qui suivent sa production. « L’émission de garanties d’origine peut être demandée jusqu’à 5 mois après la fin de la période de production concernée, et elles sont valides pendant un an après la fin de la période de production. Après expiration, elles ne peuvent ni être utilisées ni être transférées. » (site de Powernext).

Définition de la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) :

« L’électricité « verte » désigne l’électricité produite à partir de sources d’énergies renouvelables (énergie hydraulique, éolienne, solaire, géothermique, etc.) ou par cogénération. Les offres vertes proposent une électricité d’origine renouvelable, certifiée par des garanties d’origine. »

Le Réseau de Transport de l’électricité (RTE) donne les précisions suivantes sur le mécanisme des garanties d’origines :

« Le système de garanties d’origine permet de labelliser la production d’électricité afin de montrer au client final qu’une part ou une quantité déterminée d’électricité est d’origine renouvelable ou produite par cogénération.

Afin de transposer les nouvelles exigences de la directive 2009/28/CE relative aux énergies renouvelables, le décret n° 2012-62 du 20 janvier 2012 est venu modifier le décret n° 2006-1118 du 5 septembre 2006 fixant le régime des garanties d’origine.

Conformément à ce décret, Powernext a été nommé, après procédure d’appel d’offre, pour assurer la mission d’émission et de suivi des garanties d’origine à compter du 1er mai 2013.

Pour toute information relative aux garanties d’origine, RTE vous invite à consulter la page garanties d’origine de Powernext. »

En conformité avec la réglementation européenne et française, H2V certifiera le caractère renouvelable de son électricité par l’achat de garanties d’origine à hauteur de sa consommation électrique. Pour chaque MWh consommé par H2V, 1 MWh renouvelable sera injecté sur le réseau électrique européen. Il n’existe pas aujourd’hui de mécanisme permettant de garantir l’origine géographique de l’électricité produite.

Les enjeux de sécurité

Les risques industriels d’une usine de production d’hydrogène vert tiennent à la nature des gaz produits. L’hydrogène est extrêmement inflammable et l’oxygène est un comburant (c’est-à-dire un gaz qui permet la combustion de l’hydrogène quand une source de chaleur est présente). La production d’hydrogène à partir de l’électrolyse de l’eau présente ainsi deux risques principaux :

  • La fuite d’hydrogène, susceptible de générer un incendie ou une explosion ;
  • Le mélange d’hydrogène et oxygène, susceptible de générer une explosion.

Compte tenu des informations disponibles à ce stade, l’usine H2V59 ne serait pas classée Seveso (les sites classés Seveso sont des installations industrielles dangereuses répertoriées selon le degré des risques qu’elles peuvent entraîner), qui est notamment atteint à partir de 5 tonnes d’hydrogène stockées. Or, aucune capacité de stockage de l’hydrogène produit par H2V n’est prévue sur site : l’hydrogène ne resterait que quelques minutes dans l’usine avant injection dans le réseau de gaz naturel.

La réglementation applicable à l’usine serait celle de l’Installation Classée pour la Protection de l’Environnement (ICPE), qui devra faire l’objet d’une étude de dangers dans le cadre du processus de demande d’autorisation auprès des services de l’État. Cette étude décrira les risques présentés par une ICPE, leur potentielle gravité, leur probabilité de survenance et l’ensemble des dispositifs mis en œuvre pour empêcher leur survenance ou pour en réduire les effets.

Les mesures de maîtrise des risques

Outre les mesures mises en place dans toutes les usines (plan de prévention, formation et habilitation du personnel, bon entretien du matériel…), plusieurs mesures permettent de garantir la maîtrise des risques dans les usines de production d’hydrogène :

  • Stricte séparation entre oxygène et hydrogène à l’intérieur de l’usine et ventilation continue des bâtiments ;
  • Éloignement des évents de rejet d’hydrogène et d’oxygène pour éviter la rencontre des panaches issus de l’usine. La taille du terrain permet de garantir le respect de ces distances de sécurité, et de contenir à l’intérieur de la parcelle tout impact d’un problème éventuel ;
  • Détection renforcée de l’hydrogène à l’intérieur des bâtiments pour identifier rapidement toute fuite ;
  • Combustion de l’hydrogène au moyen d’une torche en phase d’arrêt et de démarrage des électrolyseurs (la combustion de l’hydrogène ne génère que de l’eau), avec une surveillance renforcée ;
  • Équipement des canalisations d’hydrogène pour détecter les fuites ;
  • Arrêt des installations et mise en sécurité en cas de détection d’hydrogène.

Ces différentes mesures de maîtrise des risques sont intégrées dans la conception même de l’usine H2V59. Elles s’adossent à la fois à des normes et directives nationales et internationales sur la production d’hydrogène et à des analyses de risques détaillées conduites selon des méthodologies reconnues internationalement. H2V travaille également avec des bureaux d’étude spécialisés et l‘Institut National de l’Environnement Industriel et des Risques (Ineris) pour la mise en œuvre des systèmes de détection d’hydrogène, de mise en sécurité des installations et de ventilation afin d’assurer un niveau de sécurité optimal.

PPRT, ICPE, SEVESO, étude de dangers… Ces termes et acronymes sont souvent employés lors des échanges avec le public au cours de la concertation, vous trouverez ci-après, plusieurs liens qui vous permettront d’accéder aux définitions précises des règlementations qui encadrent les risques technologiques :

Le raccordement électrique en bref

RTE a lancé en 2017 une étude exploratoire à partir des premières informations fournies par H2V. Le site d’implantation de l’usine de production d’hydrogène vert n’était alors pas précisément défini. La première option prévoyait un raccordement au poste de transformation 400 000 volts et 225 000 volts de la Warande (commune de Bourbourg), situé à plus de 8 kilomètres. La faisabilité a été analysée et confirmée lors de l’étude exploratoire réalisée en 2017 par RTE.

Suite à une définition plus précise du site d’implantation de l’usine H2V59, le raccordement au poste de transformation 225 000 volts de Grande-Synthe a finalement été privilégié, permettant de réduire la longueur de la ligne à créer.

Le raccordement électrique consistera d’une part en la création d’une liaison souterraine 225 000 volts en courant alternatif, d’environ 4 kilomètres, reliant le poste de transformation situé sur la parcelle de H2V59 au poste électrique de RTE de Grande-Synthe. D’autre part, des équipements nécessaires à l’accueil de la nouvelle liaison sur le réseau de transport d’électricité seraient installés à l’intérieur du poste électrique de Grande-Synthe, en restant dans l’emprise foncière du poste électrique RTE existant.

Le calendrier

2016 : conception du projet <br /> 2017 : choix du site <br /> 2018 : premières études <br /> 2019 : concertation préalable, concertation fontaine RTE, études détaillées, dépôt des dossiers de demande d’autorisation <br /> 2020 : instruction des dossiers, enquête publique, obtentions des autorisations <br /> 2021 : début des travaux, formation du personnel <br /> 2022 et 2023 : mise en service progressive de l’usine